Pratique de l’hypnoanalgésie dans la prise en charge des plaies

Le 01 juillet 2020

L'hypnose est "un mode de fonctionnement psychologique dans lequel un sujet, grâce à l'intervention d'une autre personne, parvient à faire abstraction de la réalité environnante, tout en restant en relation avec l'accompagnateur. »

Ce débranchement d’orientation à la réalité extérieure suppose un certain lâcher prise.

L’anxiété préopératoire désigne le malaise physique et psychologique que peuvent ressentir l’enfant, l’adulte et le sujet âgé lors d’une intervention. Des niveaux importants d’anxiété préopératoire augmentent le risque de complications per et postopératoires et de troubles émotionnels et comportementaux postopératoires. La détresse désigne quant à elle le sentiment d’abandon, de solitude et d’impuissance que l’on éprouve dans une situation difficile et angoissante.

On peut retrouver cela dans les situations de stress accompagnant la PEC des plaies. Sous ce vocable on peut entendre des situations aiguës – brûlure, plaie chirurgicale, chirurgie de la main – ou chroniques – escarres, brûlures, plaies chroniques d’origine vasculaire, diabétique – ou récurrentes – biopsies répétées, chimiothérapie.

Selon Hans Seylie, au regard de la neurophysiologie l’individu est toujours en situation de stress : l’organisme s’adapte en permanence aux conditions extérieures.

Les mécanismes d’adaptation impliqués dans la réponse de l’organisme face aux situations de stress conduisent à l’activation de 3 axes : l’axe dit corticotrope (hypotalamo, hypophysaire-surrénalien), l’axe sympathique (SNA), le système immunitaire ainsi que la pain matrix.

Si les capacités d’adaptation sont dépassées, peuvent apparaître des comportements défaillants : attaque de panique, agressivité, douleur, intéroception, augmentation du débit cardiaque, augmentation de la ventilation pulmonaire, altération des CIDN : défaut d’inhibition et syndrome de sensibilisation centrale.

C’est une confrontation à la situation préopératoire qui induit un état d’angoisse. Il ne s’agit donc pas nécessairement de peurs précises ou spécifiques mais plutôt d’une sensation de malaise, une réaction de stress, qui peut rester confuse ou porter sur différents aspects de l’hospitalisation.

Le sujet peut être déjà sensibilisé au stress : antécédents d’interventions, souvenir désagréable, traumatisme réel ; ce que racontent les autres : famille, voisins, médecin de famille, media (sur la chirurgie, sur l’hypnose).

Avec l’hypnose, on utilise ce que le patient apporte pour en faire un outil : ne jamais nier une douleur (personnelle, variable, subjective,….) ou chercher à la faire disparaître sans la comprendre ; au contraire aller à sa rencontre, la définir, la dessiner, et en faire un tremplin à la consultation.

Diverses techniques sont employées :

  • Hypnose conversationnelle : emmener le sujet dans un monde qu’il aime bien, l’y absorber et le dissocier ; le geste ne laisse pas d’empreinte, le sujet a l’impression que c’était facile.
  • Hypnose formelle : préparation d’une séance dans un bon souvenir, ou dans une bulle de protection : quand on a le temps de préparer la séance, quand il y aura un geste répétitif : c’est un apprentissage de l’auto hypnose. Le sujet va s’approprier la technique.

Les avantages sont nombreux : pas de perte de temps, pas d’anxiété, pas de douleur opératoire, pas de mémorisation de la nociception, peu de saignement. Et aussi calme, confiance, eu-stress, meilleure cicatrisation. La période post interventionnelle est confortable, permettant de réduire le temps de surveillance en milieu de soin.

L’hypnose est donc un outil avec lequel chacun trouve son bénéfice.

Docteur Jean-Pierre ALIBEU, ancien consultant au Centre de la douleur du CHU de Grenoble, anesthésiste réanimateur, médecin de la douleur, hypnothérapeute, Voiron (38)

Intervention programmée aux REGIONALES DES SOINS DE PLAIES » le 15 septembre 2020 à Grenoble

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