Le sport n’est pas qu’un « plus » pour notre santé, il est vital pour nos organismes !

Le 01 février 2021

En tant que professionnel de santé, il est essentiel de le dire et le redire, inlassablement, mais surtout de nous efforcer de convaincre les Français, et ce dès leur plus jeune âge : bouger et s’astreindre à de l’exercice physique prévient, limite l’évolution et les complications des maladies chroniques et parfois même ça les guérit. Ces recommandations sont portées à l’international, notamment par l’OMS (1) qui s’est saisi du sujet depuis déjà de longue date, alertant sur la sédentarité et l’inactivité physique considérées comme le quatrième facteur de risque de décès dans le monde. Rappelons que la France compte 37 millions de sédentaires et quelque 10 millions de malades chroniques pris en charge en affection de longue durée (ALD) (2).

Bien évidemment, en ces temps de crise sanitaire, les périodes de confinement et de télétravail associé n’ont pas arrangé la situation. Triste constatation pour les organismes : « plus je suis assis, moins je bouge, et plus je mange ». De fait, une prise de poids chez les Français de 3 à 6 kg a pu être constatée lors du premier confinement. Il faut savoir également que l’exercice physique reste le meilleur moyen naturel d’améliorer l’immunité (3) et, en période de crise sanitaire, ceci n’est pas à négliger.

« Le sport n’est pas qu’un « plus » pour notre santé, il est vital pour nos organismes ! »

De plus, je rappelle que l’activité physique et le sport sont de très bons facteurs de santé et pas qu’en mode curatif ! Dès la petite enfance, ils doivent faire figure d’habituation. Un enfant qui ne marche pas sera un adulte qui ne marchera pas. C’est dommageable, mais constatons que notre système éducatif considère l’esprit mais déconsidère le corps. Les deux sont pourtant indissociables d’autant que c’est pendant l’enfance que l’on construit son capital santé. La sédentarité chez le jeune n’est pas de bon augure et ce que l’on observe aujourd’hui en matière d’obésité par exemple, mais aussi en l’apparition de diabète 2 à l’âge de 15 ans, en sont la triste conséquence ; une véritable bombe à retardement pour les adultes qu’ils seront demain. De nombreuses études ont montré que les comportements sédentaires, particulièrement devant un écran, ont un impact négatif sur le développement physique, cognitif, émotionnel et social des enfants et des adolescents, ainsi que sur leurs résultats scolaires, leur bien-être, leur sommeil, et leur santé mentale. Selon le dernier Report Card 2020 (4), 93% des enfants et adolescents français dépassent les recommandations de 2h d’écrans par jour (5). Plus spécifiquement, durant le confinement, en 2020, 56% des enfants et adolescents semblent avoir réduit drastiquement leur niveau d’activité physique et augmenté encore leur temps de sédentarité.   

« C’est dommageable, mais constatons que notre système éducatif considère l’esprit mais déconsidère le corps. »

Il ne faut pas baisser les bras et considérer ces observations inquiétantes comme une fatalité. Notre santé dépend de nous avant tout et, dans ce cadre, rien n’est définitivement perdu, tout est rattrapable. Il est grand temps de développer une « culture collective du mouvement » permettant à la fois d’accroitre le niveau d’activité physique des plus jeunes, de favoriser leur condition physique, mais aussi de réduire leurs comportements sédentaires. La perspective des Jeux Olympiques, à Paris en 2024, pourrait servir de tremplin au travers du projet « Héritage » (6) et ainsi développer et valoriser la place du sport dans la vie des Français et de les faire « bouger ».

« Il n’est jamais trop tard… tout le monde peut travailler son retard en matière d’activité physique… »

  1. Recommandations mondiales en matière d'activité physique pour la santé, OMS, https://www.who.int/dietphysicalactivity/pa/fr/
  2. Qu’est-ce qu’une affection de longue durée ? Assurance Maladie, https://www.ameli.fr/medecin/exercice-liberal/presciption-prise-charge/situation-patient-ald-affection-longue-duree/definition-ald
  3. Activité physique et immunité, Dr Patrick Bacquaert, IRBMS, 2020. https://www.irbms.com/activite-physique-et-immunite/
  4. Report Card 2020 : activité physique et sédentarité de l’enfant, 15/01/2021, ONAPS, Pour la troisième fois depuis 2016, comité d'experts composés de représentants du milieu académique, de société savantes, d'institutions de santé publique ou encore des milieux scolaires et associatifs, publie, sous la coordination de l'Observatoire National de l'Activité Physique et de la Sédentarité, un état des lieux de l'activité physique et de la Sédentarité des enfants et adolescents Français. http://www.onaps.fr/news/report-card-2020-activite-physique-et-sedentarite-de-l-enfant/
  5. Synthèse pour les professionnels des recommandations de l’anses de février 2016 sur l’activité physique et la sédentarité Actualisation des repères du PNNS, août 2017, Santé publique France https://www.mangerbouger.fr/pro/IMG/pdf/rapport_recommandations_anses_activite_physique_sedentarite.pdf
  6. Comme l’explique Tony Estanguet, président du Comité d’organisation des Jeux de Paris 2024, « Notre objectif est d’avoir un impact. Bien sûr ces Jeux seront magiques. Nous ferons tout pour qu’ils soient inédits. Mais cela ne suffit pas, nous voulons utiliser ces années avant les Jeux pour développer la place du sport. L’héritage matériel, les infrastructures, c’est bien, mais ce n’est pas la finalité. La finalité c’est de faire bouger les Français. C’est le facteur humain qui fera la différence. » https://www.paris2024.org/fr/leguer-un-heritage/

Pour aller plus loin
Ecouter le Pr François Carré auditionné le 20 janvier 2021, par la Commission de la Culture, de l’Education et de la Communication, ainsi que par la Commission des Affaires Sociales du Sénat sur le thème du sport et la santé. http://videos.senat.fr/video.2056211_6007ef067949f.table-ronde-sur-la-sante-et-le-sport---audition?timecode=833493

Professeur François Carré, Professeur de physiologie cardiovasculaire et de l’exercice musculaire à la Faculté de Médecine de Rennes, cardiologue et médecin du sport, responsable des Services d’Explorations Fonctionnelles et de Médecine du Sport au CHU Pontchaillou de Rennes et directeur adjoint de l’Unité INSERM U 1099. Expert au sein de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité. (ONAPS) http://www.onaps.fr/

« L’activité physique ou sportive, un enjeu de santé publique. Les bienfaits de l’activité physique en prévention secondaire et tertiaire »
Intervention programmée à la Journée « ACTIVITE PHYSIQUE, Accompagner, Prescrire, Orienter » le 18 mars 2021 à Paris. Programme et inscription ici


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