La Socio-esthétique, une autre dimension du soin

Le 01 septembre 2020

Au-delà des traitements, les soins Socio-esthétiques apportent aux femmes et aux hommes, un vrai moment de bien être, de détente, un temps pour ré-apprivoiser le corps et retrouver l’équilibre physique.

Comme l’indique son nom, le métier de socio-esthéticienne(ne) requiert une double compétence, ce qui permet de l’exercer également dans un environnement où les  personnes fragilisées par la maladie ou en difficulté, tel que le milieu hospitalier, le milieu social voire le milieu carcéral.

C’est pourquoi, l’apprentissage de l’esthétique n’est pas toujours suffisant, car il faut être sensibilisé et se préparer à l’atteinte physique et psychologique de la personne.

Une spécialisation en psychologie et à l’environnement hospitalier, social et carcéral nous initie à ces aptitudes.

Elle associe des cours théoriques dont l’enseignement est assuré par une équipe de médecins pluridisciplinaire : dermatologue, psychologue, cancérologue… à des stages pratiques sur le terrain, le plus souvent dans le milieu social ou hospitalier.

Pour ma part je travaille depuis 21 ans au sein d’une unité mobile de soins palliatifs douleur chronique.

Je prends en charge des personnes afin de les accompagner vers une prise en charge corporelle/psychique.

Les effets secondaires de la maladie, des traitements ont laissé quelques séquelles sur ces personnes (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie, etc…).

Ces effets délétères ont donné place à des douleurs, des cicatrices, des ablations quelques fois, et il faut apprendre à vivre avec …

Mon travail consiste à aider, à accompagner ces personnes.

Dans un premier temps je leur propose des rendez-vous « comme à l’extérieur comme dans un institut », pour effectuer des soins qui font du bien , qui posent, qui reposent corps et esprit fatigués par tant de surmenage.

Nous décidons ensemble des soins à faire. Pour certain(e)s, ce sera uniquement du conseil. Par exemple sur l’alopécie : comment porter une perruque, où la trouver ? Pour d’autres, ce sera le moment de faire une pause « douceur » pour le corps. Par exemple, un soin du visage, un modelage relaxant, une beauté des mains afin de remédier aux traces des effets secondaires qui ont pris place pendant ou après un traitement de chimiothérapie qui a abimé les ongles, la peau.

Meurtri par le temps de traitement, le patient doit apprendre à vivre avec, afin d’atténuer la charge émotionnelle, le temps d’une pause pour le corps et de l’esprit, dans un endroit cocooning. Je dispose d’une pièce d’environ 15m2 décorée et agencée avec goût où se déroulent les soins.

Les patients viennent me voir ou m’appelle au téléphone. Nous pouvons nous voir pendant tout le temps des traitements, voir au-delà si cela est nécessaire.

Généralement, après les traitements les patients ne reviennent plus.

Je suis juste une passerelle, un pont entre la maladie et la vie à réinventer, après ou pendant le temps de la rémission.

Mon travail est un travail de réappropriation du corps, du schéma corporel où la notion de plaisir et de désir est au centre. Reprendre goût à s’occuper de soi lorsque le corps a trahi. Reprendre une apparence humaine et non plus de malade, une identité de personne lamda et non plus de patient.

Mon métier m’anime chaque jour. La relation à l’autre est une aventure à réinventer avec chaque personne, pour chaque soin.

Redonner un peu de cet amour de soi, pour soi.

Retrouver cette dignité de femme ou d’homme, malmené par temps de souffrance, me fait dire que ce métier est fait pour moi, dans la bienveillance et le respect pour chaque rencontre unique et gratifiante.

C’est un métier d’ouverture à l’autre, tourner vers l’humain et non pas au malade à qui je m’adresse.

Je suis un maillon dans la chaine hospitalière dans le respect et l’humanité.

Depuis 10 ans j’ai créé avec la faculté Sorbonne–université un diplôme universitaire (D.U) spécialisation esthétique en milieu hospitalier, pour former des esthéticiennes de ville à devenir socio-esthéticienne en milieu médical, social et carcéral.

Aujourd’hui nous sommes plus de 700 professionnel(le)s de la Socio-esthétique à nous partager le territoire national.

 Janick Alloncle, socio-esthéticienne, APHP, Hôpital Tenon, Paris (75)

Intervention programmée à la Journée « Douleur provoquée par les soins » le 15 octobre 2020 à Paris

Pour découvrir les programmes de cette journée, cliquez ici


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