18 mars 2021 - Activité physique : prescrire, orienter, accompagner : ce qu’il faut en retenir

Le 01 avril 2021

Cette première journée de formation et de réflexion « 100% digitale » autour de la question de l’activité physique avec les cinq focus thématiques qui l’ont accompagnée a su trouver son public avec quelques 250 professionnels de santé, de l’activité physique, élus et personnels des collectivités locales « connectés » tout au long de la journée.

91% des participants à cette journée de formation la recommandent à leurs collègues.

Les intervenants, experts en leur domaine, nous l’ont rappelé avec force et conviction, démonstrations scientifiques à l’appui mais aussi recommandations issues d’expériences menées sur le terrain : à tous moments de notre vie et quels que soient notre âge et notre état de santé, pratiquer une activité physique s’accompagne de nombreux bénéfices pour la santé du cœur, du corps et de l’esprit, avec un rôle préventif qui n’est plus à démontrer.
Il s’agissait également de montrer la nécessité d’encourager les personnes, notamment porteuses de maladie chronique, à intégrer dans leurs habitudes de vie la pratique régulière, voire quotidienne, d’une activité physique dite « adaptée », dans ce cas, prescrite, orientée vers les bons acteurs de terrain.

« L’activité physique n’est pas qu’un « plus » pour notre santé, elle est vitale pour nos organismes ! » Pr François Carré

Voici ce que les intervenants ont livré en conclusion de leur intervention et ce qu’il faut donc en retenir.

• Pr Martine Duclos Présidente de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité. (ONAPS). « L’inactivité physique et la sédentarité sont toutes deux facteurs de risque de mortalité et de morbidité. De fait, les objectifs de santé publique sont clairs et ce à tous les âges de la vie : augmenter le temps d’activité physique et diminuer le temps passé à des activités sédentaires. La question posée aujourd’hui est comment construire les conditions d’une pratique d’activité physique durable et adaptée, inscrite dans le parcours de soin, en fonction de l’autonomie des personnes et en prenant compte de leur environnement social. »

 • François Carré, Professeur de physiologie cardiovasculaire et de l’exercice musculaire à la Faculté de Médecine de Rennes. « L’activité physique n’est pas qu’un « plus » pour notre santé, elle est vitale pour nos organismes ! Il n’est jamais trop tard et tout le monde peut travailler son retard en matière d’activité physique. La finalité est claire : réduire les risques de comorbidités, en limiter les conséquences, et au-delà, les réparer. Les bénéfices de l’activité physique sont pluriels : sur la santé mais aussi d’un point de vue neuropsychologique, social, émotionnel, financier et personnel. Ne pas prescrire d’activité physique en cas de maladie chronique, c’est une perte de chance pour le malade. »

• Tristan Guilloux, chef de l'Agence de la Mobilité à la Ville de Paris. « Les grands axes de la politique parisienne en matière de mobilité s’appuient sur trois défis : environnement (changement climatique, préservation des ressources naturelles), santé (qualité de l’air, sécurité routière, réduction du bruit, activité physique et bien-être) et partage de l’espace public (cadre de vie, vie économique, accessibilité). Ceci a une fonction fondamentale : assurer la fluidité de la circulation au service d’un fonctionnement urbain efficace ».

• Christèle Gautier, Cheffe de projet Stratégie Nationale Sport Santé au ministère des sports. « Le déploiement du programme « maisons sport-santé » - 500 structures d’ici 2022, doit amener un large public à faire un premier pas dans un programme d’activité physique et/ou sportive, à faciliter le recours à l’activité physique adaptée pour les personnes atteintes de maladie chronique et de contribuer à assurer l’accompagnement des personnes atteintes d’ALD et bénéficiant d’une prescription médicale d’APA. Les Maisons Sport-Santé ont la vocation de rapprocher les professionnels de santé et du sport, les faire travailler ensemble avec un objectif commun, celui d’accompagner les patients au mieux et en toute Sécurité et ce, sur l’ensemble des territoires et au plus près des besoins de la population. »

• Sophie Cha, médecin conseiller à la Direction Régionale de la Jeunesse, des sports et de la Cohésion Sociale de Bretagne. « En Bretagne, dans les structures référencées actuellement, on estime à peu près à 5000 personnes à l’année engagées dans une pratique sport/santé et quelque 260 activités proposées. Il nous reste encore beaucoup à faire avec une synergie forte à enrichir entre tous les acteurs concernés et en appui avec les collectivités locales. »

• Dr Saïd Bekka, endocrinologue- diabétologue, Institut de Diabétologie et de Nutrition du Centre, Chartres. « Les objets connectés, notamment pour l’activité physique, peuvent être intéressants à condition de bien préparer le patient. Il faut donc un accompagnement pluriel supposant une aide à l’utilisation et à l’interprétation pour éviter une surabondance de propositions et une impression d’un manque de compétences qui limiterait l’usage optimal de l’outil. »

• Jérôme Trublet, infirmier, Président de l’Union Sports et Diabète.  « Étant à la fois « patient ressource » et « infirmier expert », je défends la notion de « footing convivial » que je pratique régulièrement avec des personnes diabétiques, comme moi. La notion de plaisir est en effet primordiale pour pratiquer une activité physique, quelle qu’elle soit. Pédagogie, encadrement et partage sont pour moi les trois mots clés. »

• Docteur Bernard Anselem. Neuropsychologue. « La seule volonté de faire de suffit pas. On sous-estime la force de la neuro-plasticité de notre cerveau, un acteur d’adaptation, mais aussi la force de nos émotions et surtout la force de notre réseau de la motivation et du plaisir et de la joie qui l’accompagne. A chacun ses challenges, tous ont du sens, s'ils nous permettent de progresser sur nos chemins intérieurs. »

• Xavier Schneider, pharmacien d’officine, Strasbourg. « L’implication du pharmacien dans les projets visant à modifier les comportements en relation avec la santé devrait être considérée comme un moyen puissant permettant de sensibiliser, informer le public et promouvoir l’activité physique régulière pour lutter contre les pathologies chroniques. Notre étude Pharmaps l’a montré. »

• Dr Odile Bonami, Strasbourg. « L’entretien motivationnel c’est tout d’abord un esprit, un esprit qui se base sur des fondamentaux avec des principes qui évitent de rentrer de manière confrontantes face à l’ambivalence et qui risquerait d’empêcher le processus naturel décisionnel et du changement. Pour ce faire, il faut soigner ses modes de communication, user d’une certaine technicité qui permet à la personne d’être accompagnée dans son processus de changement. »

« On ne peut rien apprendre aux gens. On peut seulement les aider à découvrir
qu’ils possèdent déjà en eux tout ce qui est à apprendre » Galilée


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